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Vincent LEMIRE

Maître de Conférences HDR en Histoire contemporaine

CFR / UFR SHS - Sciences Humaines et Sociales

Champs-sur-Marne

Bâtiment: Building: Bois De l'Etang

5 boulevard Descartes Champs-sur-Marne 77454 Marne-la-Vallée Cedex 2

Bureau: Office: C119

+33 (0)1 60 95 70 40

Vincent LEMIRE

Maître de Conférences HDR en Histoire contemporaine

CFR / UFR SHS - Sciences Humaines et Sociales

Activités de recherche

Maître de conférences HDR en Histoire contemporaine

Bureau : Bois de l’Etang, C 119

Tel :  01 60 95 70 40 ; mobile : 06 62 63 65 01

Fax :  01 60 95 73 74



Thèmes de recherche :

- Thèse en histoire environnementale (La soif de Jérusalem. Essai d'hydrohistoire 1840-1948)

- Histoire du Proche-Orient

- Histoire de Jérusalem 19e-20e s > Projet « Open Jerusalem » financé par l'ERC (2014-2019)

- Histoire du Quartier Maghrébin de Jérusalem (1187-1967)

- Les bidonvilles français (années 1930 - années 1970)

- Histoire de la photographie.


Activités de recherche

• Thèse en histoire environnementale : une hydrohistoire de Jérusalem aux XIXème et XXème siècle

Ma thèse de doctorat en histoire environnementale, soutenue en juin 2006 et publiée en février 2011, cherchait à démontrer la pertinence du prisme hydraulique pour rendre compte de la complexité des rapports de force qui se déploient dans une ville telle que Jérusalem. Pour retrouver la ville sous le sanctuaire et sous le champ de bataille, sans pour autant perdre de vue la singularité des enjeux symboliques et stratégiques qui s’y déploient, le prisme hydraulique s’est révélé d’une grande efficacité : parce que l’eau est à la fois un besoin domestique quotidien et le support de nombreux rites religieux, parce que les réseaux d’adduction hydraulique sont à la fois le vecteur de l’archéologie biblique et le point de départ des politiques de modernisation des réseaux techniques urbains, l’hydrohistoire d’une ville telle que Jérusalem permet de dépasser les cloisons artificielles entre histoire profane et histoire religieuse, entre histoire sociale et histoire politique, entre histoire de la ville comme système technique et histoire de la ville comme système symbolique. Pour urbaniser l’histoire contemporaine de Jérusalem, l’objet hydraulique s’est ainsi révélé comme un observatoire particulièrement pertinent. En se focalisant, un siècle durant, sur l’eau potable de Jérusalem, cette recherche a contribué à faire de l’objet hydraulique un véritable objet historique et à nourrir ainsi la réflexion autour des thèmes de l’histoire de l’environnement et de l'histoire environnementale. Par la simplicité de sa définition en même temps que par la complexité de ses usages, l’objet hydraulique révèle, de façon souvent plus immédiate que les grandes envolées rhétoriques, les différentes stratégies d’appropriation des territoires déployées par les acteurs. Au cœur de cette réflexion sur la notion d’hydrohistoire, c’est la question du contrôle qui est finalement apparue comme déterminante, ce qui conduit l’ensemble de ce travail vers une histoire politique de l’objet hydraulique. Cette promotion d'une histoire politique de l'environnement s'est trouvée approfondie avec la direction du numéro spécial de la revue Vingtième Siècle, «L'invention politique de l'environnement », n°113, janvier 2012 (avec Stéphane Frioux, introduction du numéro ici).

Au-delà de cette thématique privilégiée de l'histoire environnementale, ce travail de thèse m’a conduit à faire émerger de nouvelles sources pour l’histoire de Jérusalem : en travaillant sur les registres de délibération du Conseil Municipal Ottoman (Majlis-i Belediye), longtemps demeurés inaccessibles, il est désormais possible d’envisager une véritable histoire politique locale de la ville, en partie dégagée d’une focalisation exclusive sur les seuls enjeux communautaires ou religieux, systématiquement mis en avant par les chercheurs engagés sur ce terrain d’étude. Cette question des archives de Jérusalem est aujourd'hui développée au travers d'un nouveau programme de recherche :


• Projet ERC OPEN-JERUSALEM :

"Opening Jerusalem's Archives : for a connected history of 'Citadinité' in the Holy City (1840-1940)", financé par l'European Research Council sur la période 2014-2019 : cf le portail du projet Open-Jerusalem.


• Les bidonvilles français des années 1930 aux années 1970

Cette thématique de recherche s’inscrit dans la suite du programme de publication et de valorisation du fonds photographique du Dispensaire La Mouche-Gerland, consacré aux bidonvilles lyonnais dans les années 1930, mené au sein du Laboratoire Mémoires Urbaines et Archives Ouvrières de l’ENS LSH de Lyon, que j’ai animé entre 2000 et 2005. Ce programme a conduit à une publication collective, à la réalisation d’un site internet hypermédia (avec les moyens de l'époque ;-)) et à l’élaboration d’une exposition itinérante, accrochée sur plusieurs sites à Lyon, à Aix-en-Provence et à Roubaix (Archives nationales/CAMT). Depuis 2007, dans le cadre de la préparation d’un ouvrage collectif sur les années 68 (Philippe ARTIERES et Michelle ZANCARINI-FOURNEL (dir.), 68. Une histoire collective (1962-1981), Paris, La Découverte, février 2008), j’ai poursuivi cette enquête en travaillant spécifiquement sur les différents bidonvilles de Nanterre dans les années 1950-1970, à partir notamment d’une série d’entretiens réalisés avec Monique Hervo, témoin privilégié de la vie quotidienne dans ces bidonvilles, où elle a vécu sans interruption de 1955 à 1971.


• Histoire de la photographie.

Ce troisième axe de recherche est cultivé en parallèle des mes deux autres chantiers d’étude. C’est en effet en travaillant sur les premiers photographes de la Ville sainte (dès les années 1840) que je me suis d’abord penché sur les premiers témoignages photographiques puis cinématographiques de mon terrain, notamment en travaillant sur les fonds conservés dans les archives de l’Institut Lumière à Lyon.

L’histoire des bidonvilles français des années 1930 aux années 1970 a constamment été travaillée dans le cadre d’une réflexion sur leur relative invisibilité, et donc dans la logique d’une mise au jour des traces photographiques de leur existence éphémère. C’est dans cette perspective que j’ai travaillé sur le bidonville de Gerland à Lyon, que je participe au projet de recherche PICRI sur les correspondants-Photographes de L'Humanité et que je travaille sur les fonds photographiques relatifs aux bidonvilles de Nanterre.